Pour les langues étrangères, la tentation est alors de raisonner en nombre de collaborateurs à former, en volume d’heures et, naturellement, en coût. Ces questions sont légitimes, mais elles arrivent peut-être un peu trop tôt. Car avant de se demander combien investir dans une formation linguistique en entreprise, une autre question mérite d’être posée : où cet investissement sera-t-il réellement utile ?
Un budget formation bien utilisé n’est pas nécessairement celui qui permet de financer le plus grand nombre d’heures. C’est celui qui rapproche les compétences linguistiques des collaborateurs des situations professionnelles auxquelles l’entreprise va réellement être confrontée. Et cette nuance change beaucoup de choses.
Commencer par les projets de l’entreprise, pas par le catalogue de formations
Imaginons une entreprise qui prépare son budget pour l’année à venir. Un commercial va devoir développer un marché européen. Une cheffe de projet rejoint une équipe internationale. Deux techniciens seront régulièrement amenés à intervenir chez un client étranger. Un manager doit désormais participer chaque semaine à une réunion de groupe en anglais. Ces quatre situations ont un point commun : elles nécessitent des compétences linguistiques.
Mais probablement pas les mêmes. En effet, le commercial devra argumenter, négocier et créer une relation. La cheffe de projet aura besoin de comprendre rapidement des échanges collectifs et d’y prendre sa place. Les techniciens devront maîtriser un vocabulaire précis et être capables d’expliquer une procédure ou un dysfonctionnement. Quant au manager, ce dernier devra gagner en spontanéité et en aisance à l’oral.
C’est pourquoi la construction d’un budget de formation linguistique devrait commencer moins par la question « qui souhaite suivre une formation ? » que par une analyse des projets et des situations de travail à venir.
Quels collaborateurs vont être davantage exposés à une langue étrangère ? Dans quelles circonstances ? Avec quelles conséquences s’ils ne sont pas suffisamment à l’aise ? À partir de là, le budget cesse d’être une enveloppe à répartir. Il devient un outil au service des priorités de l’entreprise.
Qui former ? Pas forcément tout le monde, et surtout pas de la même manière
La question peut sembler délicate. Pourtant, cibler les formations ne signifie pas créer une hiérarchie entre les salariés. Il s’agit simplement de reconnaître que les besoins linguistiques ne sont ni identiques ni simultanés. Une personne utilisant l’anglais quotidiennement avec des clients étrangers n’a pas le même besoin qu’un collaborateur qui le pratique deux ou trois fois par an. De même, un salarié disposant déjà d’un bon niveau général peut avoir besoin de quelques heures très ciblées pour préparer une présentation stratégique, tandis qu’un autre nécessitera un accompagnement plus long pour gagner en autonomie.
La bonne allocation du budget passe donc par un diagnostic à deux dimensions : le niveau actuel et le besoin professionnel réel. C’est précisément ce que nous évoquions récemment à propos du niveau d’anglais des équipes : savoir qu’un collaborateur possède un niveau B1 ou B2 est utile, mais cela ne dit pas encore s’il sera capable de conduire la réunion, la négociation ou l’intervention technique qui l’attend. Former utilement suppose de relier ces deux réalités.
Remplacer « améliorer son anglais » par un objectif professionnel
C’est probablement l’un des changements les plus simples à mettre en œuvre.
« Améliorer son anglais professionnel » est une intention mais c’est loin d’être un objectif opérationnel. Par contre, « Être capable de présenter notre solution pendant vingt minutes devant un prospect étranger et de répondre à ses questions » en est un. « Participer activement à la réunion hebdomadaire avec l’équipe allemande » en est un autre. « Pouvoir expliquer une procédure de maintenance et répondre aux questions du client sur site » également.
Plus l’objectif est concret, plus il devient possible de construire une formation adaptée et de vérifier ensuite si l’investissement a porté ses fruits. Cela permet aussi d’éviter une erreur assez fréquente : consacrer une part importante du budget à des contenus linguistiques généraux alors que le besoin de l’entreprise est beaucoup plus précis.
Le vocabulaire, la grammaire et la compréhension restent évidemment indispensables. Mais ils prennent davantage de sens lorsqu’ils sont travaillés à partir des situations que le collaborateur rencontrera réellement.
Le nombre d’heures n’est pas un indicateur de réussite
Dans le pilotage d’un budget formation, les chiffres ont quelque chose de rassurant. Vingt heures réalisées. Trente heures consommées. Dix collaborateurs formés. Tout cela se mesure facilement.
Mais aucun de ces indicateurs ne permet, à lui seul, de savoir si les collaborateurs sont devenus plus efficaces dans leur travail. Une formation linguistique réussie devrait produire des changements observables.
Le salarié intervient-il davantage pendant les réunions ? Est-il capable de répondre directement à un client sans passer systématiquement par un collègue ? Prépare-t-il moins longuement ses échanges ? Comprend-il mieux ses interlocuteurs ? Parvient-il à présenter son activité avec davantage d’aisance ? Se sent-il suffisamment autonome pour participer à une mission à l’étranger ?
Ces éléments sont moins spectaculaires qu’un score dans un tableau de bord. Ils sont pourtant beaucoup plus proches du retour réel sur investissement. Cela n’exclut évidemment pas les évaluations de niveau. Elles restent utiles pour objectiver une progression. Mais elles gagnent à être complétées par des critères liés à l’usage professionnel de la langue.
Chez Courzal Academy, le suivi individualisé et les bilans réguliers font précisément partie de l’accompagnement proposé aux apprenants.
Prévoir le budget sans prétendre prévoir tous les besoins
Il reste toutefois une difficulté pour les RH et les dirigeants : le budget se construit à un instant donné, alors que les besoins de l’entreprise, eux, vont continuer d’évoluer.
Un nouveau client peut arriver en mars. Un salon international peut devenir prioritaire en juin. Un collaborateur peut prendre de nouvelles responsabilités. Un projet avec une filiale étrangère peut accélérer beaucoup plus vite que prévu. Comment décider aujourd’hui de la répartition exacte des formations qui seront nécessaires dans six ou neuf mois ?
Probablement en acceptant que tout ne puisse pas être prévu. C’est là qu’une approche plus souple du budget de formation en anglais devient intéressante. Plutôt que d’affecter dès le départ chaque heure de formation à une personne et à un parcours figé, l’entreprise peut conserver une capacité de formation qu’elle mobilisera progressivement, au rythme de ses projets.
Le budget reste maîtrisé. Son utilisation, elle, demeure adaptable.
Les crédits d’heures : transformer une enveloppe budgétaire en capacité de formation
C’est dans cette logique que Courzal Academy a développé son principe de crédits d’heures.
L’entreprise constitue un stock d’heures de formation qu’elle peut ensuite utiliser selon ses besoins : pour différents collaborateurs, avec des rythmes différents et en fonction des priorités qui apparaissent au cours de l’année.
Un besoin peut être très ciblé. Un autre nécessiter davantage de temps. Plusieurs collaborateurs peuvent également être accompagnés autour d’un même projet. Le principe n’est donc pas de faire consommer des heures parce qu’elles ont été achetées, mais de pouvoir les affecter là où elles deviennent utiles.
Cette approche répond à une réalité que connaissent bien les entreprises : les besoins linguistiques suivent rarement le calendrier budgétaire. Une entreprise exportatrice peut connaître un pic de besoin avant un salon international ; une équipe technique peut devoir se préparer rapidement à travailler avec un partenaire étranger ; une entreprise en croissance peut avoir besoin d’accompagner de nouveaux collaborateurs. Les crédits d’heures ont précisément été pensés pour permettre cette adaptation. Libérez la formation linguisti…
Courzal Academy propose actuellement des volumes de 50, 100 ou 150 heures, selon l’ampleur et la récurrence des besoins. Mais au fond, ce n’est pas le nombre d’heures qui constitue l’idée la plus importante. C’est la possibilité de décider de leur utilisation au moment où l’entreprise connaît réellement son besoin. Libérez la formation linguisti…
Investir moins au hasard, plutôt que simplement investir plus
La question du budget de formation linguistique mérite finalement d’être posée autrement. Il ne s’agit pas de savoir combien d’heures une entreprise peut acheter avec une enveloppe donnée. Il s’agit de déterminer ce que ces heures doivent changer dans le travail quotidien de ses collaborateurs.
Qui doit gagner en autonomie ? Pour quel projet ? Dans quelle langue ? Face à quelle situation ? À quel moment ? Et comment constater, quelques mois plus tard, que la formation a réellement fait la différence ?
Ce sont ces questions qui donnent du sens à l’investissement.
Après plus de 30 ans dans la formation linguistique, c’est aussi la conviction que nous défendons chez Courzal Academy : une formation efficace n’est pas celle qui occupe parfaitement une ligne budgétaire. C’est celle qui arrive au bon moment, auprès de la bonne personne, avec un objectif suffisamment concret pour que les progrès puissent être constatés dans son travail.
Au moment de préparer les prochains budgets formation, il peut donc être utile de commencer par là. Avant de décider combien d’heures financer, demandez-vous ce que vous voulez permettre à vos équipes de faire qu’elles ne peuvent pas encore faire aujourd’hui. Le budget viendra ensuite.