Dans les entreprises qui travaillent à l’international, le risque linguistique ne se résume pas à l’incapacité de communiquer dans une langue étrangère. Il apparaît aussi, et peut-être surtout, lorsque chacun pense avoir compris l’autre.

Quand l’anglais devient un risque projet : ces malentendus qui coûtent cher aux entreprises

La réunion s’est bien passée. Les échanges ont été fluides, personne n’a demandé de répéter et chacun semble avoir compris les prochaines étapes.

Quelques jours plus tard, pourtant, les premières incompréhensions apparaissent. Une échéance n’avait pas été interprétée de la même manière. Une demande a été comprise comme une simple suggestion. Une réserve technique exprimée avec prudence n’a pas été perçue comme une véritable alerte. Personne n’a véritablement « mal parlé anglais ». Et pourtant, quelque chose s’est perdu en chemin.

Dans les entreprises qui travaillent à l’international, le risque linguistique ne se résume pas à l’incapacité de communiquer dans une langue étrangère. Il apparaît aussi, et peut-être surtout, lorsque chacun pense avoir compris l’autre.


Parler anglais ne garantit pas que l’on se comprend

Nous avons encore tendance à mesurer la compétence linguistique à travers un niveau : débutant, intermédiaire, avancé, B2, C1… Ces repères sont utiles, mais ils ne disent pas tout de la capacité d’un collaborateur à travailler en anglais dans une situation professionnelle réelle.

On peut avoir un bon niveau et perdre une nuance importante pendant une visioconférence. Maîtriser parfaitement le vocabulaire technique de son métier et hésiter au moment d’exprimer un désaccord. Comprendre l’essentiel d’une conversation et ne pas oser demander de clarification sur les quelques mots qui pourraient pourtant changer le sens d’une décision. C’est à cet endroit que la langue peut devenir un risque pour le projet.

Dans un environnement industriel, commercial ou touristique, une approximation peut avoir des conséquences très concrètes : mauvaise interprétation d’une consigne, erreur sur une spécification, retard, commande incorrecte, tension avec un client ou incompréhension sur les responsabilités de chacun. Le coût du malentendu linguistique est rarement identifié comme tel. Il n’en est pas moins réel.

Savoir dire « je n’ai pas compris » est aussi une compétence

L’une des difficultés les plus fréquentes dans les échanges professionnels en anglais est paradoxale : nous préférons parfois continuer la conversation plutôt que reconnaître que nous n’avons pas parfaitement compris. Demander de répéter, interrompre son interlocuteur ou faire reformuler une phrase peut donner l’impression de révéler une faiblesse. Alors on acquiesce, on interprète et l’échange continue.

Or, dans un contexte professionnel, sécuriser la compréhension fait partie de la compétence linguistique.

Reformuler une décision à la fin d’une réunion, confirmer une échéance, demander ce qu’un interlocuteur entend précisément par un terme ou vérifier par écrit un point important ne sont pas les signes d’un mauvais niveau d’anglais. Ce sont de bons réflexes professionnels. La question devient alors moins « Est-ce que je parle suffisamment bien anglais ? » que « Suis-je capable de m’assurer que nous parlons bien de la même chose ? ».

Former à l’anglais ou apprendre à travailler en anglais ?

Cette distinction change aussi la manière d’envisager la formation en anglais professionnel. Un technicien qui doit expliquer un dysfonctionnement à un fournisseur étranger n’a pas les mêmes besoins qu’un commercial qui négocie avec un client international ou qu’un manager qui anime chaque semaine une équipe multiculturelle.

Même avec un niveau linguistique comparable, leurs difficultés, leur vocabulaire et les situations auxquelles ils doivent faire face seront différents. C’est pourquoi il peut être plus pertinent de commencer par identifier les usages : dans quelles situations les collaborateurs utilisent-ils réellement l’anglais ? À quels moments rencontrent-ils des difficultés ? Et surtout, quelles seraient les conséquences d’une mauvaise compréhension ?

On ne part alors plus seulement d’un niveau à améliorer, mais d’un besoin professionnel à sécuriser.

C’est l’approche que nous privilégions chez Courzal Academy : partir des métiers, des situations et des projets de l’entreprise pour construire un accompagnement linguistique qui corresponde à la réalité du terrain. Car l’objectif n’est pas de parler un anglais parfait. Il est de pouvoir expliquer, comprendre, négocier, décider et travailler avec suffisamment de précision et de confiance, pour que la langue ne devienne jamais le maillon faible d’un projet international.