Les besoins en anglais d’une entreprise ne se manifestent pas toujours là où on les attend. Ils peuvent rester relativement discrets pendant des mois, jusqu’au jour où un nouveau client étranger entre dans le portefeuille, où un fournisseur international devient stratégique ou lorsqu’un collaborateur apprend qu’il participera prochainement à un salon à Londres, Munich ou Amsterdam. À cet instant, ce qui relevait jusqu’alors d’une compétence « intéressante à développer » devient soudain très concret.
Il va falloir comprendre. Répondre. Présenter. Expliquer. Négocier. Et parfois le faire dans quelques semaines seulement. C’est l’une des particularités de la formation en anglais professionnel : le besoin linguistique est souvent directement lié à un événement dans la vie de l’entreprise. Et lorsque cet événement est connu, attendre plusieurs mois avant de former le collaborateur concerné revient à manquer une partie de l’objectif.
Alors, quels sont les signaux qui devraient inciter une entreprise à agir sans attendre ?
1. Un client étranger entre dans la relation commerciale
Tout commence parfois par un premier e-mail. Une entreprise étrangère s’intéresse à vos produits ou à vos services. Les premiers échanges écrits se déroulent plutôt bien. Les outils de traduction peuvent éventuellement aider à sécuriser certaines formulations. Puis vient le moment de la visioconférence et la situation change complètement.
Il faut désormais comprendre un interlocuteur qui parle naturellement, répondre sans disposer de plusieurs minutes pour construire ses phrases, expliquer une offre, préciser un délai, argumenter ou simplement créer cette qualité de relation qui fait souvent la différence dans une négociation commerciale. C’est souvent à ce moment-là que le niveau d’anglais professionnel réel apparaît.
Un collaborateur peut avoir de bonnes bases, lire et écrire correctement en anglais, tout en manquant d’aisance lorsqu’il doit interagir spontanément avec un client. L’arrivée d’un client étranger devrait donc être considérée comme un déclencheur de formation, et non comme une raison d’attendre les premières difficultés. La formation peut alors être extrêmement ciblée : travailler la présentation de l’entreprise, simuler les prochaines réunions, reprendre le vocabulaire du secteur, apprendre à reformuler une question mal comprise ou s’entraîner à répondre aux objections.
L’objectif n’est pas de « devenir bilingue » en quelques semaines. Il est beaucoup plus pragmatique : être prêt pour la situation qui arrive.
2. Un nouveau fournisseur ou partenaire international devient stratégique
On pense volontiers à l’anglais du commercial. Un peu moins à celui des achats, de la production, de la maintenance ou des équipes techniques. Pourtant, le développement international d’une entreprise ne concerne pas uniquement ses clients. Un nouveau fournisseur étranger peut faire entrer l’anglais dans le quotidien de collaborateurs qui le pratiquaient jusqu’alors très peu.
Il faut comprendre une documentation, participer à une réunion technique, décrire une anomalie, préciser une spécification, évoquer un retard de livraison ou expliquer exactement pourquoi une pièce ne correspond pas aux attentes. Dans ce type de situation, le vocabulaire généraliste atteint rapidement ses limites. La difficulté ne consiste d’ailleurs pas toujours à connaître davantage de mots. Elle peut être de parvenir à expliquer simplement un problème complexe, à poser la bonne question ou à vérifier que les deux interlocuteurs ont compris exactement la même chose. Les conséquences d’un malentendu linguistique peuvent alors dépasser largement la gêne occasionnée pendant une conversation. Une mauvaise compréhension d’une consigne, d’un délai ou d’une caractéristique technique peut avoir des répercussions sur un projet tout entier.
Former les collaborateurs concernés au moment où cette nouvelle relation internationale se met en place permet de travailler directement à partir des échanges qu’ils vont réellement rencontrer.
3. Un salon professionnel international approche
La date est connue depuis plusieurs mois. Le stand est réservé. Les billets sont pris. Les supports commerciaux sont en préparation. Et l’anglais ?
Il arrive encore qu’on s’en préoccupe à quelques jours du départ. Pourtant, un salon international est probablement l’une des situations où une préparation linguistique ciblée peut produire des effets très rapidement car c’est un endroit où les échanges y sont souvent particuliers. En effet, il s’agit de présenter son activité en quelques minutes, comprendre rapidement le besoin d’un visiteur, poser les bonnes questions, expliquer un produit, répondre à une objection et parfois passer d’un interlocuteur à l’autre toute la journée.
Ce n’est pas un cours d’anglais général dont le collaborateur a besoin à cet instant. C’est d’un entraînement à la situation qu’il va vivre. Comment présenter l’entreprise naturellement sans réciter un texte appris par cœur ? Comment parler d’une innovation ? Comment demander à un interlocuteur de reformuler sans perdre confiance ? Comment engager une conversation informelle avant d’aborder le sujet commercial ?
Quelques semaines de préparation bien ciblée peuvent ici être beaucoup plus utiles qu’une formation généraliste commencée sans objectif particulier plusieurs mois auparavant. Le calendrier de l’entreprise doit donc aussi devenir celui de la formation.
4. Un collaborateur prend un poste avec une dimension internationale
Une promotion ou une nouvelle prise de fonction peut transformer presque instantanément les besoins linguistiques d’un salarié. Hier, l’anglais était occasionnel. Demain, il devra participer à un comité européen, manager des collaborateurs situés dans plusieurs pays ou échanger régulièrement avec le siège d’un groupe international.
Son niveau n’a pas changé pendant la nuit. En revanche, le niveau dont il a besoin, lui, vient de changer. Comme nous l’avons déjà évoqué sur ce blog, connaître le niveau CECRL d’un collaborateur ne suffit pas à déterminer son aisance dans toutes les situations professionnelles. Deux personnes ayant un niveau B1 ou B2 peuvent rencontrer des difficultés très différentes selon leur fonction et les interactions auxquelles elles sont confrontées.
Une prise de poste constitue donc un excellent moment pour réaliser un diagnostic. Pas seulement pour déterminer « son niveau d’anglais », mais pour identifier ce que la personne va devoir faire dans cette langue : animer, convaincre, arbitrer, présenter des résultats, conduire un entretien, créer du lien avec une équipe internationale. La formation devient alors une composante de la prise de fonction, au même titre que l’appropriation de nouveaux dossiers ou de nouvelles responsabilités.
5. Un projet export ou international se concrétise
C’est probablement la situation qui illustre le mieux l’intérêt d’anticiper. Pendant longtemps, l’international peut rester une perspective. Un marché que l’on observe, une opportunité que l’on étudie, une ambition inscrite dans la stratégie. Puis le projet devient réel. Les premiers rendez-vous sont programmés. Un partenaire est identifié. Une filiale doit travailler avec l’équipe française. Des collaborateurs vont se déplacer. À partir de ce moment-là, les compétences linguistiques ne sont plus périphériques au projet. Elles en font partie.
Il peut alors être utile de ne pas raisonner uniquement collaborateur par collaborateur, mais à l’échelle de l’équipe concernée. Qui devra parler anglais ? Pour quelles missions ? À quelle fréquence ? Quels sont les moments où une incompréhension pourrait fragiliser le projet ? Quels collaborateurs doivent gagner rapidement en autonomie ? Cette cartographie permet de concentrer la formation là où elle aura le plus d’impact. Elle évite également une situation assez classique : découvrir, une fois le projet engagé, que l’un des principaux freins n’est ni technique ni commercial, mais simplement la difficulté des équipes à communiquer avec suffisamment de précision.
Le meilleur moment pour se former n’est pas toujours celui prévu dans le plan de formation
Ces cinq situations ont quelque chose en commun. Elles ne se produisent pas nécessairement au moment où l’entreprise construit son plan de développement des compétences. En effet, un client peut apparaître en février. Un collaborateur peut être promu en avril. Une opportunité export peut accélérer en juin. Un fournisseur étranger peut être choisi en septembre. C’est précisément ce décalage qui rend la flexibilité de la formation linguistique en entreprise si importante.
Une organisation peut parfaitement anticiper une enveloppe budgétaire en début d’année sans savoir exactement quels collaborateurs devront être accompagnés six mois plus tard. Le défi consiste donc à concilier deux temporalités : celle du budget, qui se prévoit, et celle du business, qui réserve des surprises.
Pouvoir déclencher la formation lorsque le besoin apparaît
C’est l’une des raisons pour lesquelles Courzal Academy a développé son système de crédits d’heures. Le principe consiste à disposer d’un capital d’heures de formation que l’entreprise peut ensuite affecter en fonction des besoins qui apparaissent : à un commercial avant une mission, à un manager prenant de nouvelles responsabilités, à des techniciens engagés sur un projet international ou à plusieurs collaborateurs simultanément. La durée, l’intensité et le contenu peuvent ainsi être adaptés au profil et à la situation professionnelle. Les heures peuvent également accompagner un besoin collectif lorsqu’un même projet concerne plusieurs personnes.
L’intérêt n’est pas seulement administratif. Il est pédagogique. Un collaborateur qui sait qu’il rencontrera son client britannique dans quatre semaines n’apprend pas de la même manière qu’une personne suivant une formation sans échéance particulière. Son besoin est concret. Les situations peuvent être simulées. Le vocabulaire travaillé est immédiatement pertinent. Et ce qui est appris en formation peut être utilisé quelques jours plus tard sur le terrain. La motivation elle-même change.
Former au bon moment pour apprendre ce qui sera réellement utilisé
Après 30 ans d’expérience dans la formation linguistique, nous avons appris chez Courzal Academy qu’il existe rarement un parcours idéal indépendamment de la personne qui le suit. Un commercial, un technicien, un manager ou un responsable achats n’utilisent pas l’anglais de la même manière. Et la même personne peut voir ses besoins évoluer considérablement au cours de sa carrière.
C’est pourquoi une formation linguistique efficace commence toujours par une compréhension du contexte.
Que va devoir faire cette personne en anglais qu’elle ne parvient pas encore à faire avec suffisamment d’aisance ?
Lorsque la réponse devient précise, la formation le devient également. Il ne s’agit plus simplement de « faire de l’anglais ». Il s’agit de préparer une négociation, une réunion, une mission, une prise de fonction ou un projet. Et c’est sans doute le principal enseignement à retenir : l’apparition d’un besoin professionnel concret ne devrait pas être le moment où l’on constate qu’il est trop tard pour former. Elle devrait être le signal qui déclenche la formation.
Car en anglais professionnel comme ailleurs, le meilleur moment pour développer une compétence reste souvent juste avant d’en avoir réellement besoin.