Septembre a ceci de particulier qu’il remet les projets en mouvement. Les agendas se remplissent, les dossiers laissés en suspens avant l’été reviennent sur les bureaux et les derniers mois de l’année commencent déjà à se dessiner.
Pour certaines entreprises, un salon professionnel se prépare à l’étranger. Pour d’autres, un nouveau client international entre dans le portefeuille, un collaborateur rejoint une équipe européenne ou des techniciens doivent prochainement intervenir sur un site hors de France.
Et une question finit parfois par apparaître : nos équipes ont-elles réellement le niveau d’anglais nécessaire pour ce qui les attend ? La question paraît simple. Elle l’est beaucoup moins qu’il n’y paraît. Car connaître le niveau d’anglais d’un salarié est une chose. Savoir s’il pourra utiliser cet anglais efficacement dans son travail en est une autre.
Niveau d’anglais professionnel : B1, B2… mais pour faire quoi ?
Lorsqu’on cherche à évaluer le niveau d’anglais d’un collaborateur, le premier réflexe consiste généralement à se référer au Cadre européen commun de référence pour les langues, le CECRL. Ses niveaux, de A1 à C2, constituent un repère précieux.
Une personne de niveau B1, par exemple, est capable de comprendre les points essentiels d’un échange lorsque le langage utilisé est clair et standard. Elle peut s’exprimer de manière simple et cohérente, raconter une expérience, expliquer un projet ou donner son opinion. Au niveau B2, on franchit une étape importante : la personne peut comprendre des contenus plus complexes, s’exprimer de manière plus détaillée et interagir avec davantage de spontanéité et d’aisance.
Ces indications sont utiles. Mais dans l’entreprise, elles ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Prenons deux collaborateurs ayant tous les deux un niveau B1. Le premier doit occasionnellement répondre à quelques courriels en anglais et accueillir un fournisseur étranger. Le second doit participer chaque semaine à une réunion de projet avec des interlocuteurs britanniques, allemands et néerlandais, défendre des choix techniques et répondre à des questions imprévues.
Ils ont le même niveau sur le papier. Pourtant, ils n’ont manifestement pas les mêmes besoins. C’est précisément là que la notion de niveau d’anglais professionnel prend tout son sens.
Le bon niveau d’anglais est celui qui permet de faire son travail et d’être confiant
Pendant longtemps, l’apprentissage des langues a été envisagé selon une logique assez linéaire : partir d’un niveau, suivre une formation et chercher à atteindre le niveau supérieur.
Cette progression reste évidemment pertinente. Mais dans un contexte professionnel, elle gagne à être complétée par une autre question : qu’est-ce que le collaborateur doit concrètement être capable de faire en anglais ?
Doit-il comprendre les consignes d’un client ? Présenter une solution technique ? Animer une réunion ? Répondre au téléphone ? Négocier des conditions commerciales ? Accueillir des visiteurs étrangers ? Participer à un salon international ? Échanger quotidiennement avec les collaborateurs d’une filiale ?
La réponse change profondément la manière d’envisager la formation. Un technicien n’a pas nécessairement besoin de disposer du même registre linguistique qu’un commercial export. Un responsable de projet travaillant quotidiennement avec une équipe internationale n’aura pas les mêmes priorités qu’un salarié utilisant l’anglais quelques fois dans l’année.
Cela paraît évident lorsqu’on l’écrit. Pourtant, les formations linguistiques sont encore trop souvent construites à partir du seul niveau initial de l’apprenant, sans suffisamment interroger les situations dans lesquelles il devra réellement utiliser la langue.
Évaluer le niveau d’anglais d’un salarié ne devrait donc pas se limiter à un test
Les tests de positionnement ont leur utilité. Ils permettent d’établir un point de départ, d’objectiver certaines compétences et de disposer d’un référentiel commun. Mais un score ne dira jamais tout.
Un collaborateur peut posséder un vocabulaire relativement riche et de bonnes connaissances grammaticales tout en éprouvant de grandes difficultés à prendre spontanément la parole. Un autre peut commettre davantage d’erreurs, mais parvenir à se faire comprendre, à reformuler lorsqu’un mot lui manque et à conduire efficacement un échange professionnel.
Lequel des deux possède le meilleur anglais professionnel ? La réponse dépend, une nouvelle fois, de ce que l’entreprise attend de lui. C’est pourquoi l’évaluation des compétences linguistiques prend davantage de sens lorsqu’elle met en regard le niveau de la personne et les situations professionnelles auxquelles elle est confrontée.
La question n’est alors plus seulement « Quel est votre niveau d’anglais ? », mais plutôt : « Que devez-vous être capable de faire en anglais dans votre travail, et qu’est-ce qui vous en empêche aujourd’hui ? »
Ce changement de perspective est loin d’être anodin.
Les difficultés apparaissent souvent lorsque l’anglais quitte la salle de formation
Il existe une différence importante entre connaître une langue et parvenir à la mobiliser lorsqu’on en a besoin. Cette différence apparaît particulièrement dans les situations où il faut réagir vite. En réunion, par exemple, personne ne dispose de plusieurs minutes pour préparer mentalement sa réponse. Une conversation évolue, les interlocuteurs se coupent parfois la parole, les accents diffèrent et une question inattendue peut obliger à abandonner le vocabulaire soigneusement préparé.
Il en va de même lors d’un appel téléphonique, d’une négociation ou d’un déplacement professionnel. C’est souvent dans ces moments que certains collaborateurs pourtant correctement formés découvrent leurs véritables points de blocage : comprendre un accent inhabituel, trouver rapidement leurs mots, expliquer une idée complexe avec un vocabulaire simple ou tout simplement oser parler devant plusieurs personnes.
L’enjeu d’une formation en anglais en entreprise n’est donc pas seulement d’enrichir les connaissances. Il consiste aussi à transformer progressivement ces connaissances en compétences disponibles au moment où elles sont nécessaires.
La rentrée est un bon moment pour regarder les projets avant de regarder les niveaux
La reprise de septembre offre justement une occasion intéressante de mener cette réflexion. Plutôt que de commencer par dresser la liste des collaborateurs « qui auraient besoin de cours d’anglais », il peut être plus pertinent de regarder d’abord les mois qui viennent.
Quels projets internationaux sont prévus ? Quels marchés l’entreprise souhaite-t-elle développer ? Quels collaborateurs vont être davantage exposés à l’anglais ? De nouvelles relations avec des clients, fournisseurs ou partenaires étrangers sont-elles en train de se construire ? Certaines prises de poste vont-elles modifier les besoins linguistiques ?
Ce sont ces situations qui permettent ensuite de définir des objectifs de formation beaucoup plus précis. « Améliorer son anglais » est un objectif difficile à mesurer.
« Être capable de présenter notre offre pendant vingt minutes et de répondre aux questions d’un prospect étranger » en est un autre.
De la même manière, « passer de B1 à B2 » peut constituer un objectif de progression intéressant, mais « pouvoir participer activement à la réunion projet hebdomadaire avec l’équipe européenne » donne immédiatement une direction concrète à l’apprentissage.
Une formation en anglais efficace commence par le besoin, pas par le programme
Cette logique conduit naturellement à individualiser davantage les parcours. Cela ne signifie pas que chaque collaborateur doit suivre une formation totalement différente. Une entreprise peut parfaitement identifier des besoins communs à une équipe et travailler collectivement certaines situations. Mais le contenu, le rythme et les objectifs gagnent à rester connectés à la réalité professionnelle des personnes formées.
Chez Courzal Academy, c’est précisément cette dimension qui nous paraît essentielle. Après plus de 30 ans passés à accompagner des professionnels dans l’apprentissage des langues, nous savons qu’une progression durable ne se décrète pas à partir d’un programme standard. Elle se construit avec l’apprenant. Son métier, son niveau initial, ses contraintes, les situations qu’il rencontre et les projets de son entreprise constituent le point de départ du parcours. La formation peut ensuite prendre différentes formes et évoluer au fil des besoins.
L’humain reste au centre, parce qu’apprendre une langue n’est jamais une mécanique parfaitement linéaire. Il y a des progrès rapides, des paliers, des appréhensions à dépasser et, surtout, une confiance qui se construit avec la pratique.
Et si le véritable objectif était l’autonomie ?
Une entreprise n’investit pas dans la formation linguistique simplement pour voir évoluer un niveau sur une échelle. Elle le fait parce qu’elle souhaite que ses collaborateurs puissent agir avec davantage d’autonomie. Décrocher le téléphone sans appréhension. Participer à une visioconférence sans rester silencieux. Expliquer un problème technique directement à un client. Défendre une proposition. Créer une relation avec un partenaire. Se déplacer à l’étranger sans avoir constamment besoin d’un collègue pour traduire.
Voilà ce que peut signifier, très concrètement, progresser en anglais professionnel. À l’heure où les entreprises préparent les derniers mois de 2026 et commencent déjà à regarder vers 2027, la bonne question n’est donc peut-être pas : « Quel est le niveau d’anglais de nos équipes ? »
Elle pourrait être légèrement différente :
« Ont-elles aujourd’hui l’anglais dont elles auront besoin demain ? »
Et lorsque la réponse est incertaine, c’est probablement le bon moment pour commencer par en parler.