L’anglais demeure indispensable mais le monde est devenu plus complexe
Pendant des décennies, parler anglais était considéré comme la clé de l’international. Qu’il s’agisse de négocier avec un fournisseur, de participer à une réunion, de répondre à un appel d’offres ou d’accueillir un client étranger, l’anglais s’est imposé comme la langue commune des échanges économiques. Cette réalité demeure. Aujourd’hui encore, plus de 1,5 milliard de personnes utilisent l’anglais dans le monde, qu’il s’agisse de leur langue maternelle ou d’une langue seconde.
Mais le monde a profondément changé. Les entreprises françaises travaillent désormais avec des partenaires installés en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Pologne, au Maroc, en Turquie, au Brésil, en Inde, en Corée du Sud ou encore au Japon. Les chaînes d’approvisionnement se sont mondialisées, les marchés se sont diversifiés et les projets internationaux impliquent des équipes toujours plus multiculturelles.
Cette diversité ne se retrouve d’ailleurs pas uniquement dans le monde économique. Elle s’exprime également dans notre quotidien. Ce week-end, le Festival Les Escales, à Saint-Nazaire, accueillera des artistes venus des cinq continents. Pendant trois jours, le public entendra résonner des langues, des accents et des cultures très différents. Une belle illustration d’un monde où les échanges dépassent largement les frontières anglophones. La question n’est donc plus de savoir s’il faut parler anglais.
La véritable question est désormais la suivante : l’anglais suffit-il encore à construire des relations internationales durables ?
Les échanges internationaux ne parlent plus une seule langue
L’anglais reste la langue de travail privilégiée dans de nombreux groupes internationaux. Il permet de communiquer rapidement, de partager une documentation technique ou de coordonner un projet entre plusieurs pays. Mais, sur le terrain, la réalité est souvent plus nuancée. Une réunion peut parfaitement se dérouler en anglais, tandis que les échanges informels entre collègues se poursuivent dans la langue locale. Une visite de site industriel, un déjeuner avec un client ou une négociation commerciale révèlent rapidement que la langue n’est qu’une partie de la communication.
Comprendre quelques mots dans la langue de son interlocuteur, savoir prononcer correctement son nom ou connaître certaines formules de politesse constitue souvent un premier pas vers une relation plus authentique. Les entreprises qui évoluent à l’international le savent bien : la confiance se construit rarement uniquement en anglais.
Derrière chaque langue se cache une culture
Une langue ne sert pas seulement à transmettre des informations. Elle traduit également une manière de penser, de travailler et d’interagir avec les autres. Les recherches du psychologue néerlandais Geert Hofstede, pionnier du management interculturel, ont largement montré que les différences culturelles influencent profondément les relations professionnelles. La perception de la hiérarchie, la manière de prendre une décision, le rapport au temps, la gestion des conflits ou encore la façon de formuler une critique varient fortement d’un pays à l’autre.
Autrement dit, deux personnes peuvent parfaitement parler anglais et pourtant ne pas se comprendre.
Ce qui crée souvent les malentendus n’est pas la langue elle-même, mais les codes culturels qu’elle véhicule. Apprendre une langue étrangère, c’est aussi apprendre à décoder ces différences.
La langue devient un facteur de confiance
Dans un contexte international, parler quelques mots dans la langue de son interlocuteur produit souvent un effet bien supérieur à ce que l’on imagine. Il ne s’agit pas de devenir bilingue en quelques semaines. Il s’agit de montrer un intérêt sincère pour la culture de l’autre. Saluer un partenaire dans sa langue, remercier un client avec la bonne formule ou être capable d’échanger quelques phrases lors d’un repas d’affaires crée immédiatement une proximité différente.
Les spécialistes de la communication interculturelle parlent parfois de « compétence relationnelle » : la capacité à adapter sa communication aux références culturelles de son interlocuteur. Cette compétence devient aujourd’hui un véritable avantage concurrentiel.
Les entreprises ont tout intérêt à diversifier leurs compétences linguistiques

Pendant longtemps, former les collaborateurs en anglais répondait à la majorité des besoins. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises vont plus loin. Elles développent également des compétences en espagnol, en allemand, en italien, en portugais ou dans d’autres langues directement liées à leurs marchés.
Cette stratégie ne répond pas uniquement à une logique commerciale. Elle facilite le recrutement, améliore les relations avec les partenaires internationaux, favorise la mobilité des collaborateurs et contribue à créer une véritable culture de l’ouverture. Dans certains secteurs industriels ou touristiques, disposer de collaborateurs capables de communiquer dans plusieurs langues représente désormais un véritable facteur de différenciation.
Les langues racontent aussi les territoires
On associe souvent le plurilinguisme aux grandes capitales internationales. Pourtant, certains territoires français vivent eux aussi cette ouverture au quotidien.
Le territoire de Nantes et de Saint-Nazaire où nous sommes implantés depuis plus de 30 ans, en est un bon exemple. Le Festival Les Escales qui démarre ce vendredi illustre parfaitement cette diversité. Chaque été, les langues se croisent sur scène comme dans le public. Les artistes viennent de cultures très différentes, les sonorités se succèdent et les spectateurs découvrent des univers qu’ils n’auraient peut-être jamais rencontrés autrement.
Cette diversité culturelle fait écho à celle que vivent aujourd’hui les entreprises de notre territoire et au-delà. Comprendre le monde ne consiste plus uniquement à maîtriser une langue internationale. Il s’agit aussi de savoir évoluer dans un environnement où plusieurs cultures coexistent et dialoguent.
L’anglais reste une porte d’entrée mais il ne doit pas être une limite
Affirmer que l’anglais ne suffit plus ne signifie évidemment pas qu’il serait devenu secondaire. Bien au contraire. Il demeure le socle des échanges internationaux. Mais les entreprises qui réussissent le mieux à l’international sont souvent celles qui considèrent les langues comme un véritable investissement stratégique plutôt que comme une simple compétence technique. Chaque nouvelle langue ouvre un marché, facilite une négociation, renforce une relation ou permet de mieux comprendre un partenaire. Elle devient un outil de coopération autant qu’un outil de communication.
Chez Courzal Academy, nous croyons aux langues qui rapprochent
Notre métier ne consiste pas simplement à enseigner l’anglais, l’espagnol ou une autre langue étrangère. Nous accompagnons des femmes et des hommes qui souhaitent communiquer avec davantage d’aisance dans un environnement international, comprendre les codes culturels de leurs interlocuteurs et développer des relations professionnelles durables.
Parce qu’au-delà des mots, une langue permet avant tout de créer des liens. Et dans un monde où les échanges se multiplient, cette capacité à comprendre l’autre constitue probablement la compétence internationale la plus précieuse.
Pour aller plus loin
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Source : Rapport de l’OCDE : « L’internationalisation et l’attractivité des régions françaises » – Mars 2022